josephghosn
Aug 31
200
1.99%
Cher Sélim,
j’ai ton livre avec moi depuis quelques semaines, je le lis lentement, j’y trouve ce qui se passe en nous lorsque le Liban, et Beyrouth, reviennent, plusieurs fois par jour, avec ce lot de souvenirs si particulier, composé des traits de lumière et des réminiscences des coups, de la violence, du désarroi, de la vie malgré tout. Dans cette troisième partie du livre, située en 1982, année dont je garde le souvenir vibrant, quelque chose se produit qui convoque une forme d’irréalité absolue. Chaque mot, chaque phrase, me disent, mais comme en filigrane, tout ce qui est passé par moi, par nous, cette année-là et demeure encore des décennies plus tard, ancré par ici. Pas simple d’écrire sur un livre qui scrute la matière même de ce que nous sommes et tentons d’être, dans les années et les âges que nous traversons, chacun empli de son récit, personnel, religieux, intime, politique... Il faut restituer ce que nous sommes face à ce pays et que ton livre éveille en moi : des réminiscences et des phrases d’un passé - tu étais là en 1982 et je n’étais pas loin, malgré les années qui nous séparent. J’ai trouvé entre tes lignes cette irrépressible envie d’y retourner, voir la lumière et écrire à propos d’elle qui nous saisit pleinement. Écrire ce n’est pas rien, surtout lorsqu’on a traversé 1982, survécu à ce que c’était, écarquillé les yeux et s’être laissé habiter par toutes ces questions qui nous obligent. Je suis entre les lignes de ton récit, j’y lis que nous sommes les obligés de 1982. Ses fantômes aussi.
Je t’embrasse.
Joseph
josephghosn
Aug 31
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