raphaelchatelain
Jan 20
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Depuis 20 ans, Fabrice a tout essayé, pour avoir un corps “idéal”. Les régimes, les gélules, le sport, l’anorexie. “C’était tellement plus simple de gérer ce qui ne va pas en vomissant tout ce que je n’arrivais pas à comprendre.” Tellement plus simple de ne pas assumer qui on est. Il est devenu pote avec les footeux du lycée, ceux qui avaient tous des abdos. “Moi, j’étais le petit gros de service qui faisait rire.”
Fabrice a eu 16 ans dans les années 2000, il a grandi avec les Boys Band, le culte du corps et Weight Watchers. “J’avais tellement envie que mon corps soit le même que ça m’a déréglé”, regrette l’animateur pour enfants. “Si j’avais été aiguillé, je n’en serais peut-être pas là aujourd’hui.”
Ensuite, il lui a fallu naviguer sur le marché de la drague et du sexe. Des histoires d’abdos, encore. Il s’est rapproché des bears, mais peut-on être bear sans être très viril ? Avait-il assez de poils ? C’est quoi, un corps normal ? Pourquoi est-ce si important ? Pourquoi je ne suis jamais représenté, dans les magasins ? Et d’ailleurs, c’est le corps d'un mec ou d’une nana ? Il paraît que les courbes, ça ne fait pas viril, il faut des angles droits pour être un bonhomme. Bordel, mais elle est où, ma place ?
Fabrice regarde aujourd’hui le mouvement body positive éclore, mais regrette toujours le manque de représentation masculine. “Il y a encore cette masculinité toxique qui insinue que si tu te montres vulnérable, c’est que tu l’es. Mais se montrer vulnérable, c’est aussi pouvoir construire sur ses vulnérabilités.” Alors il se montre, autant qu’il peut. Vulnérable, oui, sans doute, mais lui. Avec son corps, son poids. “Ce corps n’est pas ton ennemi, il va t’accompagner toute ta vie. Protège-le, accueille-le.” Arrête de le comparer, ou tu es foutu.
“Je me suis rendu compte que le seul modèle que je pouvais avoir, c’était moi.”
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